Expression politique – mai 2026

Expression politique - mai 2026

Dans le journal du mois dernier, le Maire et son équipe nous accusent d’avoir propagé des contre-vérités durant la campagne électorale. Au-delà de la forme, nous nous désolons pour les habitants de Saint-Egrève que les réponses soi-disant apportées par la majorité constituent elles-mêmes des contre-vérités. Par souci d’exactitude, nous tenions donc à préciser les points suivants :

Tout d’abord, la convention signée par la Ville et la LPO établit clairement qu’est mis « à la disposition de l’association un équipement de 389,25 m², à usage exclusif, de façon permanente. » En contrepartie de cette occupation, « l’association s’engage à verser une redevance de 10 500 € pour compenser les charges de fonctionnement de l’équipement (notamment les consommations d’eau, d’électricité, de location de compteurs et de chauffage de l’équipement ». (cf article 4 de la convention)

En clair, la LPO paie les frais de fonctionnement (eau, électricité, chauffage…) du bâtiment qu’elle occupe et c’est bien normal. Un locataire normal en revanche devrait payer – en plus de ces charges – une redevance d’occupation correspondant à un loyer, et même rembourser à la ville la taxe foncière du bâtiment… Ce que la LPO ne fait pas !

Les Saint-Egrévoises et Saint-Egrévois sont en droit d’attendre de leurs représentants qu’ils assument leurs choix. Ne pas faire payer de loyer à la LPO pour l’occupation de la Maison Champaviotte revient à leur accorder un avantage en nature dont le montant devrait être affiché de manière transparente par la majorité. Nous chiffrons pour notre part cet avantage à au moins 30 000€ par an au regard des prix du marché de l’immobilier de bureau sur Saint-Egrève.

Concernant le terrain de maraîchage, nous tenons à rappeler les propres mots de Monsieur le Maire lors du Conseil Municipal du 29 mars 2023 (à 1h37:08). A l’interrogation de l’opposition sur l’intérêt pour la ville d’être propriétaire de ce foncier, ce dernier répondait « si ça ne marche pas, demain on le revendra, il y aura toujours des acheteurs ».

Enfin, sur le soi-disant projet de l’ancienne municipalité de construire 80 logements sur un terrain, nous rappelons une fois de plus – comme cela a été exposé à maintes reprises en conseil municipal lors du dernier mandat – que ce projet était porté par un promoteur privé, et que la municipalité de l’époque avait lancé la préemption du terrain en vue de le contrer. Ces éléments sont facilement vérifiables auprès des services de la mairie.

En ce début de mandat, nous regrettons pour les habitants de Saint-Égrève que la majorité municipale ait d’ores et déjà renoncé à s’appliquer la rigueur et l’effort de transparence pourtant promis par Monsieur le Maire lors de son discours de prise de fonction. Pour notre part, nous nous engageons à exercer notre mandat d’opposition sans jamais perdre de vue le souci de vérité et de responsabilité porté pendant notre campagne.

Lors de l’élection du Maire, nous avons affirmé notre volonté d’être une opposition constructive mais sans complaisance à l’égard de la majorité. Nous saluerons les projets allant dans l’intérêt des Saint-Egrévoises et Saint-Egrévois, nous questionnerons les autres.

Dans cette optique, notre groupe a alerté sur un possible conflit d’intérêt. Une délibération permettait au Maire de Saint-Egrève d’échanger directement avec le président de l’Etablissement Public Local du Dauphiné (EPFL-D), sans passer par le Conseil Municipal. Or aujourd’hui, Monsieur le Maire de Saint-Egrève est aussi président de cet EPFL-D. Lorsque la même personne siège aux 2 postes, nous y voyons un conflit d’intérêt.

La question semble-t-il, n’avait pas été anticipée. Le Maire a dû interrompre la séance pendant une vingtaine de minutes pour préparer sa réponse. S’il a reconnu le problème, il a maintenu le texte s’engageant à éclaircir ce point plus tard. Ainsi posé, nous avons voté contre cette délibération.

A l’image de ce vote, notre groupe sera attentif aux décisions de la majorité, leurs conséquences et le respect de l’intérêt des Saint-Egrévoises et Saint-Egrévois.

Benjamin Coiffard, Florine Penot, Jean-Jacques Marchais, Fabienne Cozzi, Pascal Raby et Muriel Dupont.