Expression politique - juillet/août 2026
Climatisation : sortir des postures
Notre commune sort à peine d’une 2ème vague de chaleur : fin mai, nous avons atteint 34°C à Saint-Egrève et 37°C fin juin. La répétition de ces épisodes et leur précocité nous rappellent la nécessité d’adapter notre territoire au changement climatique qui va encore s’intensifier.
C’est avec ce souci d’adaptation – mais aussi d’atténuation – que nous avons proposé en conseil municipal le 3 juin que la Ville organise des groupements d’achats de pompes à chaleur pour les habitants. Cette technologie permet de se chauffer l’hiver et de se rafraîchir l’été en émettant très peu de gaz à effet de serre.
Une telle initiative permettrait à nos seniors d’équiper à moindre coût leurs logements, les mettant à l’abri de la chaleur, et de limiter les achats de climatiseurs mobiles qui sont bien plus préjudiciables pour l’environnement, sans coûter à la collectivité.
Le Maire a malheureusement rejeté cette proposition, la qualifiant de « fausse bonne idée ». Il a indiqué privilégier l’isolation des bâtiments, la ventilation nocturne, les brasseurs d’air, les protections solaires et la végétalisation.
Nous ne nions pas l’intérêt de ces solutions. Nous proposions d’ailleurs durant la campagne de rénover rapidement l’école Rochepleine, ce qui n’a pas été fait lors du précédent mandat.
Cependant, les épisodes récents montrent leurs limites face à un réchauffement climatique qui s’accélère. Dans certaines écoles – pourtant isolées, ventilées et végétalisées – la température a dépassé en juin les 30°C dans plusieurs salles de classe. Comme l’année dernière, les familles ont été invitées à garder leurs enfants chez elles l’après-midi à cause des fortes chaleurs.
Notre groupe a proposé en commission que la commune fixe un objectif de température maximale à ne pas dépasser dans ces espaces. Là encore, la majorité municipale a refusé. L’INRS estime pourtant qu’au-delà de 30°C « la chaleur peut présenter un risque pour la santé » en bureau, et la recherche scientifique montre un déclin des performances cognitives au-delà de 26°C.
Or mieux se protéger des canicules ne signifie pas renoncer à nos objectifs climatiques : avec les pompes à chaleur, il est possible de faire les deux. La société EDF vient justement d’annoncer qu’elle versera une aide de 10 000€ par établissement jeunesse qui installera cette technologie.
Nous demandons donc à la Ville de saisir cette opportunité et d’équiper en priorité les écoles et les crèches où la température a atteint ou dépassé 30°C en juin. Nous demandons également que les températures soient mesurées dans ces espaces et rendues publiques dès l’été prochain.
Même Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, a déclaré fin juin : « Il faut en urgence équiper les services publics, notamment les écoles et les hôpitaux, de climatisation ». Sur ce point, nous sommes d’accord avec elle.
Benjamin Coiffard, Florine Penot, Jean-Jacques Marchais, Fabienne Cozzi, Pascal Raby et Muriel Dupont.
